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Il paraît qu'un capitaine de ce navire, autrefois, |
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punit deux de ses matelots du supplice que voici : |
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Version actuelle datée du 14 mai 2019 à 15:22
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des maisons assez maussades, grises, entassées, à l'écart de la grand' route. Nous entrons pour abriter nos bicyclettes dans une auberge. Je demande un torchon pour les essuyer. La bonne femme nous apporte un linge propre. Comme, en réglant ma chopine, je veux donner 2 sous de plus, pour ce torchon, l'hôtesse les repousse avec indignation :
– Ah ! non, ces choses là tout de même ne se paient pas ! me dit-elle.
Un idiot est entré, un pauvre fou errant, il nous a dévisagé, nous a reconnus pour des Gouriou, et puis s'en est allé en saluant. Il n'y a que dans ce pays, non plus, où je constate l'antique respect pour cette catégorie de déshérités. L'hôtesse l'avait accueilli le mieux du monde, avec une sorte de politesse pleine de compassion.
Comme nous allions hier, samedi 30 septembre,
à Paimpol, avec Gélard, il m'a montré le Rhin,
une sorte d'énorme ponton peint en noir, mouillé
le long de la côte de Mélus, près de Lézardrieux.
Il paraît qu'un capitaine de ce navire, autrefois,
punit deux de ses matelots du supplice que voici :
il les fit enfermer au-dessus des chambres de
chauffe (c'est un des premiers navires à vapeur
qu'il y ait eus) et les y laissa. Ils y furent
cuits tout vivants. Le fait serait à vérifier et
le nom du capitaine à inscrire au pilori. C'est
un bel exemple de barbarie maritime. Il
y a encore des Frères de la Côte dans la marine
française, paraît-il.